Le Gadgetzan illustré n°1

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 La mort vous va si bien

Difficile de retrouver l'ardeur au combat lorsque l'on n'a que la peau sur les os. Difficile de lever son épée lorsque l'on sort d'un caveau. Qui ose dire que la mort me va si bien ?

 Renaissance

Je vois encore les visages horrifiés de mes anciens frères humains devenant des pestiférés. J'entends encore les échos sourds des boucliers qui s'entrechoquent, les cris des lieutenants du Roi-liche nous galvanisant, puis le sifflement des flèches qui sonnèrent mon glas, concluant cette symphonie macabre, comme si tout avait une fin.

Et voilà que l'on me sort de ce sommeil profond, comme si ma destinée ne devait jamais s'arrêter. Sitôt relevé, je m'équipe d'un vieux bouclier et d'une épée émoussée, vieille habitude que l'au-delà n'a pu effacer. Mes os craquent, ma mâchoire crisse, mais cela ne m'empêche pas de quitter cette crypte.

Le fossoyeur Mordo, surpris de mon réveil, me grogne quelques mots que ses dents gâtées laissent péniblement sortir. J'ai donc échappé au feu qui aurait pu libérer mon âme, quelle bénédiction…

Quoiqu'il en soit, je continue d'arpenter mon chemin de façon chaotique, mes articulations se remettront petit à petit, je ne m'en fais pas.

Je pénètre alors dans la chapelle du Glas. Sarvis, le prêtre des ombres, m'accueille comme il l'avait fait autrefois, et soulage ma curiosité : ce qu'il me reste de chair obéira à Dame Sylvanas, et mon épée combattra les esclaves de mon ancien roi.
Je suis désormais un réprouvé, et mon âme continuera d'être tourmentée…


 Reconstruction

Je suis loin d'avoir retrouvé mon adresse et ma fougue. Ce sommeil m'a enlevé tous mes acquis, je ne suis plus qu'une âme dans un corps à peine réanimé. Sarvis le sait, et me parle comme si j'étais un de ses jeunes élèves.

Il est temps pour moi de recommencer mon initiation, de retrouver mes réflexes. Je quitte la chapelle, avec l'ordre d'exterminer les Déchus rôdant autour du village. Malgré la désolation régnante, le Glas abrite quelques réprouvés formant une communauté plus ou moins autonome. Ces colons d'une terre dévastée se battent maintenant pour leur survie et sûrement pour des desseins plus sombres.

A peine sorti du village et je me retrouve face à mes anciens frères d'armes, les Déchus, et les mots de Sarvis résonnent une nouvelle fois : « pas de pitié ! Même si ils étaient nos frères et sœurs par le passé ». Je sors mon arme, et en quelques coups je mets à terre ces zombies, par instinct je m'agenouille et me repais du reste de leur corps. L'énergie retrouvée me donne la force de continuer et je retourne voir Sarvis. Confiant dans mes capacités, il me confie de nouveau quelques tâches ingrates. Je me plie à ses ordres.


 La phalange écarlate

Mes pas m'emmènent plus profondément dans Tirisfal, pour la première fois je me sens bien, comme si cette terre me rendait le sang que je lui avais versé. Je savoure ce calme, cela ne durera pas.

Des cris fanatiques retentissent. Une poignée d'hommes armés surgissent. Pas de doute je suis désormais au cœur de leur croisade. Les armes vont parler. Leurs coups m'assaillent de toutes parts, ma hanche vole en éclats, je tombe…

Mon histoire aurait pu s'arrêter là, mais sans la douleur, je n'ai plus de limites. J'encaisse, attendant le moment propice. Leur vigueur s'épuise plus vite que leur foi. Dans un premier geste de reconquête, je leur lance au visage l'anneau prouvant mon passé émérite au sein de leur confrérie.

« Voyez ce que j'étais, craignez ce que je suis ».

Le doute s'installe. L'ombre a fondu sur ces soldats étincelants. Il est temps de trancher et mes premiers coups portés sont là pour le confirmer. Il n'aura fallu que quelques mots pour tuer ces hommes.

J'ai encore de beaux restes mais les épreuves ne font que débuter, peut être que bientôt je pourrai revoir les ruines de Lordaeron et pénétrer dans les profondeurs de Fossoyeuse. Patience, après tout j'ai l'éternité devant moi.

Mémoires d'un Réprouvé
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